Au lecteur, par Jacques-Alain Miller
Ce numéro de LNA n’aurait pas été conçu, rédigé, monté au coeur de l’été, si je n’avais reçu, fin juin, le texte «fuité» d’un projet d’arrêté ministériel qui, à la faveur du décret d’application de la loi sur le titre de psychothérapeute, programmait en fait le début de la fin de la psychanalyse.
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Le scientisme psycho-psychiatrique et ses victimes, par Agnès Aflalo
On doit aux progrès de la science et du capitalisme la catégorie moderne de victime. Après la production industrielle des victimes de la deuxième guerre mondiale, la mondialisation à son tour engendre les siennes.
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Le Billet de François Leguil : ces tristes lubies…
“Il faut toujours craindre l’influence qu’exercent des subalternes qui se glissent dans les administrations : un grand homme d’État se doit bien garder de ces talents médiocres qui prennent les irritations de leur amour propre pour les besoins de la société, leurs prétentions pour des principes, et leur envie pour de la politique” écrivait Chateaubriand, dans le Moniteur, en avril 1818. Bien avant hier, comme on voit… Aujourd’hui, pensera l’innocent, c’est “du pareil au même” !
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jeudi 24 juillet 2008
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2 commentaires:
Qui veut la peau de Sigmund Freud ? En tout cas pas l’association des Psychologues freudiens dont la création a été, dès 2004, une réponse à l’amendement dit « amendement Accoyer ».
Il s’est agi alors d’affirmer haut et fort que les psychologues, si unique soit leur titre, s’orientaient pour travailler bien au delà de préoccupations corporatistes (si justifiées que celles-ci puissent être parfois), et, pour beaucoup, se référaient au corpus freudien, riche de toutes les nuances, paradoxes et contradictions que l’on sait.
Les psychologues freudiens voient en effet augmenter depuis quelques années les contraintes d’inspiration cognitiviste sur leurs pratiques cliniques, et, sous prétexte de sécurité ou de recherche, des protocoles se mettre en place, d’évaluation, de classification, dans des procédures informatiques à l’élaboration desquelles ils n’ont bien sûr pas participé et qui dénaturent ou ravalent leurs actes.
Reculer devant la complexité de la vie psychique, céder sur l’essentiel qui est la langue d’un sujet, continuer à défendre leur formation permanente exigeante, cela, les psychologues freudiens ne le veulent pas. Ils entendent pratiquer une clinique sous transfert, et donner toute leur valeur aux créations singulières des sujets accueillis un par un.
Or, l’arrêté stigmatisé par Jacques-Alain Miller comme « scélérat » et contesté aussi vigoureusement par les professeurs Roland Gori et Jean-Claude Maleval, va dans le sens de promouvoir des pratiques objectivantes et déshumanisantes à l’échelle nationale si ce n’est européenne. Triste exemple, quand la France et sa tradition si originale, pourraient être, en Europe, le modèle d’autre chose.
Nombreux sont déjà nos concitoyens qui ont fait l’épreuve des conséquences de ces changements insidieux dans les pratiques de soins, à l’hôpital ou ne serait-ce que chez leur médecin généraliste. Celui-ci n’est-il pas absorbé par son ordinateur pendant une partie non négligeable de la consultation ? Et n’avons-nous pas pour lui une vraie compassion ? Mais où tout cela veut-il nous mener ?
L’association des Psychologues freudiens est donc vigilante et mobilisée sur ce front généraliste, dans tous les domaines d’activités très divers et sur tous les terrains où ses membres pratiquent leur art.
Nathalie Georges, Présidente de l’association
mise au point : Passer leur temps à défendre leur formation exigeante, comme si elle était un privilège, alors qu'elle est une condition absolue de leur exercice professionnel, voilà ce que les psychologues freudiens ne veulent pas.
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